Fond

Le projet

Anders de Xavier Campion et Flore Vanhulst

« L’identité n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence »
Amin Maalouf

Une jeune fille d’origine africaine vit depuis toujours dans un petit appartement. Elle ne sort pas et évolue dans un monde à elle. Son propriétaire, un homme obsédé par le rangement, est son seul lien avec le monde extérieur. Tout bascule lorsqu’un nouveau locataire, un voisin aux mœurs étrangères et à l’identité floue, s’installe dans l’appartement d’à côté. Pour nos deux protagonistes, tout est « autre » chez lui : son énergie, son physique, ses habitudes…

Ces trois êtres vont se découvrir, puis s’observer, se rejeter, se haïr, alimentant chacun leurs fantasmes, leur curiosité et leurs peurs. Leurs identités sont « mises à mal », questionnées, en perte de repères. Ils vont progressivement échanger leur voix, leur sexe, leur couleur, leur sang. Chacun se met à « glisser » vers l’autre. Leur discours et leur corps ne leur appartiennent plus, ils deviennent des « hybrides ».

Parallèlement, la réalité du monde les rattrape : lui est victime d’agressions violentes ; elle, le monde extérieur la terrifie et l’oblige à rester dépendante d’un monde intérieur bien plus dangereux ; enfin, le propriétaire ne trouve pas sa place et continue à errer dans les couloirs d’un immeuble qu’il ne peut que hanter.

Ils plongent ainsi dans un voyage identitaire oscillant entre rêve et cauchemar, se questionnant et expérimentant le corps et les situations de l’Autre. Pourront-ils encore se définir ? La question reste ouverte car le voyage laisse des traces…